Les habitants du quartier des Hautes Noues sont-ils indifférents aux problèmes que soulèvent le réchauffement climatique, la pollution, l’épuisement des ressources, la préservation des espèces — toutes ces questions qui agitent l’actualité le temps d’une COP [1] et qui retombent vite dans l’oubli dès qu’on parle « d’effort » à faire, de « sobriété », de « décroissance » ou de coût faramineux de la transition écologique ?
Pourtant, les signes du dérèglement du climat dus à l’activité humaine sont bien là : augmentation de la chaleur, violents orages, incendies ravageurs, pluies torrentielles, canicules à répétition. La pollution liée à l’utilisation de l’énergie fossile, dite « carbonée » — pétrole, charbon ou gaz — est évidente. L’air est parfois irrespirable. La surconsommation de viande pose un problème à la fois de santé, mais aussi de respect des espèces vivantes. Mêmes les eaux minérales supposées « naturelles » sont maintenant traitées pour les débarrasser des polluants. Le plastique envahit les océans et les estomacs des poissons qui y vivent. 25 kg d’aliments sont jetés chaque année par chaque habitant.
Toutes ces informations sur les calamités qui nous attendent glissent-elles sur les esprits des habitants de ce quartier comme sur une toile cirée ?
On serait tenté de le croire. Qu’en pensent les acteurs de terrain et les premiers concernés, ceux qui vivent dans ce quartier ?
La vision d’Ismaël Aboubacar
Ismaël Aboubacar travaille pour le territoire Paris Est Marne et Bois au sein de la direction de la cohésion sociale. À l’intérieur de cette direction il est directeur adjoint à la cohésion sociale chargé de la politique de la ville à Villiers-sur-Marne. Il s’interroge sur les priorités des occupants d’un ensemble comme les Hautes Noues. Dans un quartier où le taux de pauvreté est de 31 % de la population [2], on peut imaginer que la protection de la planète et l’avenir de l’humanité ne font pas partie des priorités.
La question que je me pose est celle-ci : comment cela se fait-il qu’un sujet qui impacte la vie du monde entier et qui a été porté sur la scène depuis des années, n’arrive pas à avoir son empreinte dans le quotidien des gens, ne serait-ce que pour prendre conscience qu’il s’agit d’une question de survie. C’est peut-être parce que, selon moi, on a une drôle de manière d’aborder ces questions. Les gens ont tendance à dire « Attendez ! Il y a bien d’autres menaces qui pèsent sur nous ! Arrêtez de vous faire de l’argent sur notre dos en augmentant l’électricité ! » On n’arrive pas à faire comprendre qu’il y a différentes dimensions et que c’est un sujet dont on peut être acteur en agissant au quotidien chez soi dans son comportement. Ça, on n’arrive pas à le faire. On n’arrive pas à faire passer un message comme ça. Et puis les gens ne savent pas ce qu’ils vont gagner.
Selon lui, le mal serait profond et traduirait la défiance des populations à l’égard de la classe politique.
Nous vivons dans une société où il y a une rupture entre les classes populaires et la sphère politique. Il n’y a qu’à voir l’abstention ! Les partis politiques se disputent aujourd’hui la première place de l’indifférence, avec les syndicats. Parce que le message ne passe plus. Il n’y a plus d’adhérents dans les partis politiques. Il n’y a plus que les professionnels de la profession. Je ne voudrais pas faire de la politique politicienne mais on a vu les derniers changements en France. Les Français ont plébiscité des gens qui étaient censés être éloignés de la politique. Le président Macron a mis en place des gens qui venaient de la société civile et on s’est dit que ça allait peut-être changer les choses. Mais ça donne ce que ça donne. Je veux dire qu’il y a une rupture. Or le sujet de l’écologie est très politisé. Ce serait quelque chose de très abstrait qui ne concernerait pas les habitants du quartier. Pour eux, c’est un débat idéologique réservé à une classe, à l’élite. Or ça a quand même un l’impact sur leur facture d’électricité !
Mais il n’y a pas d’appropriation de ces actions, parce que, pour qu’il y ait appropriation, il faut être convaincu que notre propre action participe d’une dynamique d’ensemble qui va améliorer les choses. Or ils n’en sont pas là. Même s’ils savent que ces choses-là existent, ils se disent « c’est pas pour nous, ça. On a d’autres chats à fouetter ».
Les bailleurs sociaux font des opérations de sensibilisation. Ils ont financé des intervenants pour animer des ateliers pour le recyclage ou de nettoyage du quartier. Mais ça ne dure pas car ce sont des opérations limitées dans le temps, et ça ne répond pas à la question de fond. Pour le portefeuille du locataire d’une classe populaire ça n’a aucun impact. Il ne va pas voir sa facture baisser pour autant parce qu’il a trié ses ordures ou pas. Au contraire, on va peut-être lui dire que maintenant ça demande plus de travail, on va être obligé d’augmenter les charges !
Pour les villes qui veulent se lancer dans les locations de vélo, par exemple, il y a des dispositifs publics qui les aident à les mettre en place. Oui, mais au niveau de l’individu, rien de tel. Il est oublié dans l’affaire. Quelques entreprises encouragent le covoiturage, mais ça reste des initiatives privées. Il n’y a aucune obligation. Je pense qu’il y aurait intérêt à créer un dialogue entre l’Union de l’habitat social qui regroupe les bailleurs sociaux et l’État. Évidemment, ils ne vont pas faire ça gratuitement. Ça voudra dire que la Nation fait un geste vis-à-vis de ces opérateurs, qui sont à même de toucher directement et de faire sentir aux classes populaires que la nation fait des efforts et si vous faites des efforts aussi, vous allez le sentir. Faut aller dans cette direction parce que le risque de tout ça c’est que ça se banalise comme tant d’autres causes, que ce soit juste des opérations de communication, et ça se finira par des opérations non plus de communication mais de culpabilisation des classes populaires en disant vous êtes des méchants parce que vous ne participez pas.
Vraiment, les classes populaires ne feraient rien ? Un témoignage va nous mettre du baume au cœur…
Monsieur Bennoui
M. Bennoui habite le quartier des Hautes Noues depuis une vingtaine d’années. Il a six enfants. Il est technicien en informatique, téléphonie, GSM… et gère un magasin d’articles de téléphones.
Pour lui, l’écologie est avant tout une question d’économie. Face à cette problématique, il ne raisonne pas en écologiste mais en « économiste » comme il dit ! Faire des économies, c’est le principe qu’il applique dans tous les aspects de sa vie.
Pour le chauffage, il ne peut pas tellement le gérer, c’est le bailleur social qui fixe la température à 19°, mais il peut jouer sur les robinets pour baisser le chauffage si les pièces sont inoccupées. Mais surtout :
Il faut bien fermer les fenêtres. Il faut aussi vérifier les joints des fenêtres. Moi je change souvent les joints pour économiser. C’est comme si vous remplissez un seau qui est troué. Si les joints ne sont pas en bon état la chaleur part. Le soir, quand on ferme les volets, ça économise aussi. Le matin il faut aérer, bien sûr, mais le soir on ferme les volets.
En ce qui concerne l’eau, dont la facture est individualisée, il a aussi pris de bonnes habitudes. Pour les WC d’abord.
Le réservoir d’eau est généralement de cinq litres. Je mets une bouteille à l’intérieur. Ça va diminuer de deux litres le réservoir. J’ai fait mes calculs : on va en moyenne deux fois par jour aux toilettes. Donc, si vous êtes cinq, ça vous fait 10 fois 5 litres par 24 heures. Ça fait dans le mois 1 500 litres donc si vous diminuer de 2 litres, faites le calcul… Dans le mois ça devient intéressant. Quand j’ai fait cette astuce, j’ai eu un remboursement de Paris Habitat. On paie mensuellement la consommation d’eau. Ils se basent sur la consommation de l’année d’avant, ils font un forfait, mais après quand vous consommez moins, ils vous remboursent le trop perçu.
Toujours pour la consommation d’eau, mais cette fois pour la douche, M. Bennoui a une autre astuce, il a réduit le débit des robinets d’arrivée d’eau. Pour le brossage des dents, chaque personne a un verre pour se rincer la bouche sans faire couler d’eau.
Autre astuce :
C’est très important d’avoir un lave-vaisselle. Je l’ai testé. C’est vraiment formidable. Il y a beaucoup de gens qui disent que le lave-vaisselle, ça bouffe de l’eau. Eh bien non. Un jour, j’ai pris le tuyau de vidange, je l’ai mis dans un bidon exprès pour voir ce que la machine consommait. Eh bien après le lavage, le rinçage etc. le bidon de 10 litres était à moitié plein. La machine a consommé 5 litres, même pas. Mais si on fait la vaisselle à la main, pour dix ou douze couverts, ça va consommer énormément d’eau. Voilà pourquoi je conseille le lave-vaisselle. Ça ne coûte pas cher maintenant.
Il a aussi une astuce pour vérifier qu’il n’y a pas de fuite d’eau à l’évier ou au lavabo :
Quand un joint a été abîmé, on ne le voit pas. Pour tester il y a une astuce. Il faut prendre du Sopalin ou du papier toilette. On essuie l’entourage du robinet et on pose le Sopalin ou le papier toilette sous le robinet. On regarde s’il va se mouiller ou pas. S’il est mouillé, c’est qu’il y a une fuite. On ne voit pas l’eau avec l’œil. Comme ça on peut détecter la fuite. Voilà, de temps en temps il faut vérifier les joints.
Comme M. Bennoui travaille dans l’électronique, il a aussi des astuces pour économiser l’électricité.
Je conseille à tous mes clients qui viennent au magasin de ne pas laisser un chargeur branché quel que soit le chargeur. La première raison c’est une raison de sécurité, certains chargeurs en ce moment ne sont pas aux normes et ils chauffent et peuvent griller en provoquant des incendies. Donc c’est une question de sécurité et aussi de consommation. Tout produit branché consomme de l’électricité. Il faut savoir que les composants électroniques à l’intérieur consomment de l’électricité, même si l’appareil est éteint. Une télé qui est branchée en veille, ça consomme de l’électricité, donc il faut tout débrancher sauf bien sûr ce qui est nécessaire. Par exemple le téléphone ou le frigidaire. Dans certaines chambres, l’imprimante, l’ordinateur, etc. ils sont branchés sur une prise multiple et le soir elle est éteinte. Du côté des lampes, je n’ai que des lampes économiques. Certaines personnes vont dire qu’elles sont trop chères, mais on récupère le prix en deux ou trois mois. Il faut mettre l’argent sur les produits économiques.
M. Bennoui a bien compris qu’il pouvait réaliser des économies avec quelques astuces simples qui, en fait, ne le gênent en rien au quotidien. Et il en voit les effets sur ses factures, sur ses charges. Mais est-il suivi ? Est-ce que les gens qui l’entourent sont aussi « vertueux » ?
Oui, bien sûr, il y a beaucoup de gens qui font comme moi. Surtout l’astuce de la bouteille dans le réservoir des WC. Tous mes amis, tout mon entourage, ils en ont mis une. Les gens ont pris conscience. Ça devient de plus en plus difficile pour tout le monde ; ils vont chercher à faire des économies.
De plus en plus les gens prennent conscience du problème. Je le vois dans mon magasin avec le recyclage. J’ai beaucoup de clients qui ne viennent pas pour acheter du neuf, mais pour acheter du reconditionné, de l’occasion. C’est pour la planète tout ça.
Est-ce que cela touche aussi les jeunes ? Là-dessus, M. Bennoui est plus nuancé !
Je vais pas vous mentir. les jeunes ça reste toujours des jeunes comme tous les jeunes du monde. Ils ont un peu d’inconscience mais à partir d’un certain âge, vers dix-sept, dix-huit ans, ils changent. Mais tout dépend de l’éducation. Mon fils, quand il sort de sa chambre, il doit éteindre même s’il va juste aux toilettes et qu’il revient. Il doit éteindre la lumière. Ils ont pris l’habitude. C’est pas eux qui payent. C’est les parents qui payent et ils s’en foutent. Donc c’est une question d’éducation, une question d’habitude.
L’éducation ! C’est un point essentiel pour M. Bennoui. Il a vécu son enfance en Algérie. Là-bas, l’eau était gratuite. Et pourtant, il n’était pas question de la gaspiller !
Pour certains, l’écologie c’est une question d’argent, pour d’autres, c’est une question d’éducation. Là où j’ai vécu, l’eau, on ne la payait pas, c’était gratuit. Mais malgré cela, ma grand-mère, quand elle faisait ses ablutions, l’eau coulait comme un fil. Jamais vous n’entendiez l’eau qui descendait du robinet. Il ne faut pas abuser de l’eau. L’eau, c’est la vie. Lorsque vous entendez cela depuis l’âge de cinq ou six ans jusqu’à votre majorité, c’est gravé dans votre tête dans votre comportement. On n’avait pas de facture d’eau. On avait une facture d’électricité mais pas pour l’eau. L’eau, c’est sacré. Tout ce que vous voyez dans votre environnement : votre bureau, votre stylo, l’ordinateur, le téléphone, sans eau tout cela n’existerait pas. L’eau, c’est très sacré. C’est plus que sacré, il ne faut pas abuser. Il y a l’âme et l’eau. Les deux choses les plus sacrées au monde.
Iramène Destin
L’éducation… C’est une vaste question qui se pose aux populations qui ont souvent été élevées dans un pays étranger, aux autres habitudes, et qui arrivent en France. Le choc des cultures se manifeste aussi dans le domaine écologique. À cela s’ajoute la barrière de la langue. Iramène Destin connaît bien ces questions puisqu’elle est responsable du pôle linguistique de la ville de Villiers-sur-Marne. Elle anime des ateliers socio-linguistiques pour les personnes qui arrivent en France. Il ne s’agit pas seulement de leur apprendre à parler, lire ou écrire en français, il s’agit aussi de leur enseigner les codes sociaux du pays d’accueil. Ses ateliers s’adressent surtout aux femmes. La plupart arrivent à se faire comprendre en français, mais pour l’écriture et la lecture, c’est plus difficile.
Dès lors, on peut se demander si ces femmes sont sensibles aux messages écologiques. Est-ce qu’elles comprennent les affiches que le bailleur social ou EDF placardent dans les immeubles pour inciter à la maîtrise énergétique ? Est-ce qu’elles comprennent les étiquettes sur les appareils électro-ménagers qui permettent d’acheter les appareils les moins gourmands en énergie ?
La plupart de ces personnes-là sont sensibles à l’écologie. Pour elles, c’est quelque part tout naturel. Parce qu’avant de venir en France ces personnes étaient déjà très sensibles au compost, à la réutilisation des objets. Pour l’huile, par exemple, elles utilisaient la même bouteille pendant des années. C’était quelque chose qui était déjà là. D’ailleurs quand on leur parle de tri ou de choses comme ça à la télévision, dans les publicités, elles disent : « Moi, naturellement, dans mon pays, je ne jette pas ça, je réutilise ça ». Ça les amuse un peu quand on leur rappelle ces gestes, parce qu’elles sont de vrais exemples d’écologie. Il y a des gestes qu’elles ont toujours pratiqués dans leur vie… Ça paraît nouveau en France mais pour elles, ça a toujours fait partie de leur vie.
Malheureusement, leur arrivée en France et l’adoption d’un nouveau mode de vie ont mis à mal leurs habitudes d’avant.
Par exemple on doit leur réapprendre le tri sélectif parce que quand elles arrivent en France la poubelle est à la maison. Tout se jette dans la même poubelle. C’est un vrai choc culturel. Dans leur pays le compost c’était naturel : ça c’est pour les animaux, ça c’est pour les plantes… Tout cela était naturel sans réflexion ça allait de soi et arrivées en France la poubelle elle est là dans la maison, dans la cuisine, dans leur petit espace. Donc elles ont dû réapprendre comment gérer ces déchets-là.
Pour Iramène, l’influence des enfants est très importante. Ils ont souvent un sentiment de supériorité.
Parce que la plupart des enfants des parents que j’accompagne sont des enfants scolarisés en France, ils ont une certaine supériorité par rapport à leurs parents. « Moi je sais parce que je suis à l’école : je peux vous le dire, je peux faire, je sais ce que vous ne savez pas ». Les enfants prennent un peu le dessus sur tout ce qui a trait à la connaissance. Les parents ne vont pas leur tenir tête parce que ce n’est pas leur domaine. Les enfants acquièrent ainsi une certaine liberté.
Des familles nous ont expliqué que leurs enfants ne voulaient pas manger leur plat « fait maison », le plat du pays natal. Plutôt que de manger le plat cuisiné à la maison les jeunes préfèrent prendre un plat déjà prêt dans le petit supermarché des Hautes Noues, des burgers, des pizzas etc. qui ne sont pas très chers. Ça fait plus « américain », plus moderne.
Cette attitude des jeunes pose naturellement un problème écologique, car les produits préparés sont très consommateurs d’énergie, sans même parler de l’aspect nutritionnel, et des multiples emballages qu’ils génèrent. Mais ces produits « prêts à consommer » tentent aussi les parents…
Avant les parents essayaient de garder leurs pratiques, et dans leur pays, ils mangeaient beaucoup de légumes et de fruits. Arrivés en France, ils ont été confrontés à d’autres types de produits plus faciles à acheter, plus faciles d’accès, des produits qui, dans leur pays pouvaient être considérés comme luxueux, c’est-à-dire les produits transformés. Ils se sont dit : je n’achète plus ce qui a poussé dans les champs mais ce qu’ils vendent au supermarché parce que c’est moderne. Quand ils arrivent en France ils trouvent des aliments modernes à leur portée. Il y a eu un vrai choc pour ces familles qui se sont demandé : « Je fais quoi ? Je mange mes fruits et légumes ? Je cuisine comme je le faisais au pays ou je vais plutôt prendre quelque chose que je peux m’offrir et que je n’avais pas l’habitude d’avoir dans mon pays ? Et comme ça, j’essaie de m’adapter ». Donc je pense qu’à partir d’un moment il y a eu pas mal de flottement. D’autant que la plupart de ces personnes vont travailler tôt le matin et rentrent tard le soir ; le recours à des produits déjà préparés, facilement consommables, a dû leur paraître utile ou nécessaire.
On le voit, les parents sont donc confrontés à des choix de vie très complexes. Ils aimeraient pouvoir mieux contrôler ce que mangent leurs enfants, mais ils sont eux-mêmes attirés par ces produits de l’industrie alimentaire. La plupart finissent par perdre les bonnes pratiques écologiques qu’ils avaient acquises dans leur pays d’origine. Quel paradoxe ! Et puis, dans une vie souvent difficile, comment résister à l’envie de faire plaisir de temps en temps à leurs enfants ?
Ce n’est pas grave, se disent les parents. « C’est pour faire plaisir. J’accepte ». Ils acceptent de baisser les bras.
Mais l’influence des enfants sur leurs parents s’exerce aussi en sens inverse, dans le bon sens cette fois, d’un point de vue écologique.
Les enfants aussi sont sensibles aux éco-gestes. Il y a une maman qui nous a raconté que son fils a retiré les piles pour ne pas les jeter dans la poubelle de la cuisine. Elle lui a demandé pourquoi il avait enlevé les piles de la poubelle. L’enfant a répondu qu’à l’école, on leur a dit que les piles ça se jetait à part.
Elle nous a expliqué plein de petites anecdotes comme celle-là qui nous montrent que les enfants ont appris de nouvelles choses à l’école et les apportent à la maison. J’imagine que cette mère, la prochaine fois qu’elle va jeter des piles, elle va les mettre à part !
La venue en France de populations étrangères, élevées dans d’autres circonstances, a posé un gros problème, assez inattendu. Il y a cinq ou six ans Iramène s’est aperçue que certaines familles ne payaient pas leur facture d’électricité ou d’eau. Pour elles, c’était normal que les lampes s’allument et que l’eau coule des robinets. D’année en année, elles finissaient par accumuler des dettes considérables. Elles subissaient la pression des huissiers, mais rien n’y faisait.
Dans nos ateliers de socio-linguistiques, on a travaillé sur cette problématique des factures : leur faire comprendre comment cela fonctionne et leur apprendre tout ce qui pouvait se faire pour réduire les factures. Ça a bien marché. Certaines personnes sont avec nous depuis cinq ans en cours de français. On peut suivre leur évolution. Elles nous ont dit que c’était bien, ce genre de sensibilisation. Ça leur a permis de comprendre que quand la facture arrive, il faut la payer, que ce n’était pas une blague ! Car il n’y avait pas que le côté financier. Il y avait aussi le stress. Parce que quand une même facture revient et augmente tous les mois, ça fait peur, elles reçoivent des appels, des menaces des huissiers. Ça les a aidées à trouver la sérénité.
C’est ainsi qu’Iramène a peu à peu introduit des ateliers éco-gestes dans son action. Car il fallait aider les personnes à réduire leur consommation d’électricité.
Les personnes avaient naturellement des gestes écologiques dans leur pays d’origine, mais ces choses-là ne faisaient pas partie de leurs habitudes. Dans leur pays d’origine, l’électricité était utilisée très rarement, juste le soir, et encore. Mais maintenant qu’elles ont compris qu’il fallait payer et que ça coûtait cher, elles font plus attention.
Elles sont aussi très sensibles maintenant au problème de l’eau. Des mamans m’expliquent qu’avant d’avoir de l’eau chaude il faut parfois laisser couler le robinet. Alors elles mettent l’eau froide dans un seau. Elles la récupèrent pour se laver. Donc je pense qu’il y a une vraie conscience. Le fait qu’elles se rendent compte que c’était payant a beaucoup joué, bien sûr ! Mais je trouve qu’il y a de plus en plus une vraie conscience écologique. L’électricité ne vient pas de nulle part, l’eau non plus, ça se met en place petit à petit.
Mais jusqu’à quel point ces familles ont conscience des problèmes liés au réchauffement climatique, qui menace notre survie ?
Sincèrement je pense que c’est pas leur première préoccupation parce qu’elles ne se sentent pas toujours responsables de cette situation dans le sens où « Ce n’est pas moi qui ai dégradé la planète. C’est pas moi qui ai fait tout ça. Ça me concerne pas. C’est pas mon affaire ». J’ai plus le sentiment que ces personnes raisonnent comme cela.
Je ne sais pas à quel niveau elle pourrait penser qu’elles peuvent agir. Même si au départ, il y a une conscience écologique dans leur environnement qui se met en place petit à petit, comme par exemple tout ce qui est lié à la sobriété énergétique, le rapport à l’utilisation d’eau, la gestion des déchets. Mais je n’ai pas l’impression qu’elles se disent « Moi j’ai un rôle à jouer ». Il y a des ateliers de sensibilisation qui se mettent en place ou des actions collectives en rapport à l’écologie. Ça pourrait permettre de créer ensemble une conscience commune sur les défis.
Quelles solutions ?
Pour Iramène, ces familles ont des priorités et l’écologie n’en fait pas partie. Quand on leur parle d’écologie, ça peut leur paraître loin, abstrait. Alors que si c’est des actions communes, qui créent du lien social autour de l’écologie, ça pourrait leur permettre de prendre conscience davantage et d’agir sur le long terme.
Ce qui marche ce sont les réunions de quartier, des temps d’échange, de sensibilisation. S’il y a un travail pour créer une conscience plus forte autour de l’écologie et créer en même temps du lien social en faisant des choses ensemble, par exemple des actions « Nettoyons ensemble », des choses dans lesquelles elles se sentent acteurs ou actrices.
Autrement dit, pour Iramène, ces personnes sont difficiles à sensibiliser individuellement, mais des actions collectives peuvent faire bouger les choses. En fait, il s’agit de réveiller une conscience écologique qui était déjà là, mais que les contraintes du quotidien ont un peu étouffée. La petite graine est prête à pousser de nouveau.
Bien sûr. Parce que cette petite graine, comme je vous l’ai dit, elle est quelque part. À la base, ces personnes ne sont pas de grandes consommatrices. Ce sont des personnes qui ont besoin maintenant de réveiller cette conscience. Parce que ces questions écologiques sont assez abstraites, et ces personnes ont besoin de concret, pour mieux percevoir ce qui se dit, ce qu’elles entendent à la télé.
Ça doit se faire de façon ludique. Ça doit se faire aussi de façon multilingue. Il faut faire ce travail dans différentes langues sur différents supports. De façon très décontractée. Je veux dire des visuels simples à comprendre. Et parler dans plusieurs langues parce que les gens que l’on voit, très souvent ne comprennent pas les concepts. Ces choses sont abstraites en français. Je pense que dans leur langue, ils comprendraient mieux.
Je pense par exemple que s’il y a la mise en place d’une action, ce serait bien d’avoir la traduction, d’avoir des symboles qui pourraient tout de suite leur parler. Parce que les gens ne vont pas vous faire répéter, c’est gênant de montrer qu’on n’a pas compris.
En tout cas dans ce genre de quartier comme les Hautes Noues, pour faire un travail sur l’écologie, ça demande de la pédagogie, une prise en compte de la spécificité de cette population, qui est vraiment multiculturelle, ou qui ne maîtrise pas forcément la langue française. Les concepts sont vraiment complexes pour elles. Je crois vraiment que s’il y a des actions communes qui se mettent en place, les gens seront très réceptifs. Cette conscience-là peut s’éveiller et les intégrer dans cette mouvance écologique.
Mais pourquoi économiser l’électricité ?
Effectivement, les concepts liés à l’écologie sont d’une très grande complexité. Ils relèvent de connaissances scientifiques que la plupart des gens n’ont pas.
Or, est-on motivé si l’on ne comprend pas pourquoi on doit accomplir tel ou tel geste, réduire telle ou telle consommation, trier nos déchets, mettre les piles à part, ne pas utiliser de sacs plastiques ? À longueur de journée revient le même message infantilisant « Fais pas ci, fais pas ça ! ». On nous répète comment faire pour sauver l’humanité, mais rarement pourquoi.
Ainsi, pourquoi les entreprises qui distribuent de l’électricité nous incitent-elles à baisser notre consommation ? C’est curieux. Est-ce que notre boucher nous incite à manger moins de viande ?
Interrogé à ce sujet, Cédric Christmann, le P.-D. G. de Primeo Energie, répond :
Parce que sans diminution de la consommation, on n’arrivera pas à faire face aux besoins électriques.
En fait, ce que la plupart des gens perçoivent comme un moyen de baisser leur facture électrique est en fait un enjeu majeur pour l’Europe.
Souvent on nous a reproché de pas être crédibles dans notre incitation à moins consommer. Mais depuis 2021, 2022 plus personne ne peut nous reprocher ce qui apparaissait comme un conflit d’intérêt. Parce que depuis 2021, 2022, l’électricité est arrivée à des prix qui n’ont jamais été atteints depuis la Deuxième guerre mondiale. Pourquoi ? Parce qu’en réalité il y a une pénurie d’électricité. On sort du gaz. 20% de l’électricité en Allemagne est produite par le gaz. Des centrales nucléaires en France n’étaient plus opérationnelles. Cela a créé une crise de l’offre de la production, et les prix sont montés à des niveaux qu’on n’a jamais vus. On sait très bien que quand on transforme un système d’infrastructure, on va avoir des épisodes de pénurie. On ne va pas changer de système sans mettre tout l’ensemble sous pression. Ce que nous disons clairement c’est que même si on fait des projections sur notre capacité à sortir des énergies fossiles pour produire l’électricité avec du renouvelable, on n’arrivera pas à faire face aux besoins d’électrification sans faire des économies. Sinon on aura des chocs de prix continus qui ne seront pas acceptables pour les consommateurs et encore moins par les industries.
Cela peut entraîner un blackout, des conflits sociaux, la désertification économique de certains pays. L’industrie de la chimie en Allemagne a dit que si on n’arrivait pas à des prix de 80 € du kilowattheure à long terme, elle serait obligée d’aller produire ailleurs, et notamment aux États-Unis. Et une fois qu’ils partent, c’est une catastrophe pour l’Europe. Or les prix sont montés jusqu’à 1 000 € du kilowattheure. C’est essentiel pour faire face au programme mis en place par le président des Etats-Unis, Joe Biden, qui, aujourd’hui veut attirer les industries lourdes en proposant des prix, même si ce n’est pas de l’énergie décarbonée, à des montants extrêmement compétitifs. Ça risque de bouleverser beaucoup de choses. Donc, pour faire face aux besoins il va falloir qu’on économise l’électricité. Nous, producteurs, on sait qu’on ne pourra pas faire face si on n’économise pas. Même en Suisse, où on a beaucoup de renouvelables, on a quasiment 100% de électricité qui est décarbonée, on a encore une vingtaine, une trentaine de pour cent d’énergie nucléaire. On ne pourra pas faire face. En France c’est probablement la même chose. On va quasiment doubler la production d’électricité en France. Pour arriver à faire face — et c’est RTE [3] qui le dit — c’est 800 terawatt heure en France qui sont nécessaires. C’est énorme. Sur un parc nucléaire qui est vieillissant. Vous avez besoin de 60 à 70 centrales. Il va falloir s’y mettre parce que, quand on sait le temps qu’il faut pour faire une centrale… Aujourd’hui tout le monde a intérêt à faire des économies.
On mesure donc que faire des économies d’électricité est un enjeu vital pour la France et pour l’Europe, si l’on veut éviter que les industries partent aux Etat-Unis pour bénéficier d’une énergie moins chère. Les habitants des Hautes Noues sont-ils conscients de cela quand ils installent des lampes LED, des prises multiples, ferment la lumière en quittant une pièce, regardent les étiquettes de consommation d’énergie quand ils achètent un appareil électro-ménager ? Sans doute non. Ils voient la répercussion sur leur facture d’électricité, mais la finalité globale de ces économies individuelles leur échappe sans doute un peu, comme elle échappe d’ailleurs au reste de la population.
Et c’est la même problème pour l’eau. Pourquoi économiser l’eau alors qu’elle est abondante sur Terre ? Elle l’est, effectivement, mais elle est salée ! À peine 3% de l’eau de notre planète est « douce » et 99% de cette eau douce est dans les glaciers ou dans le sol. 1% seulement peut être consommé. Et encore, il faut la puiser, la traiter, l’amener chez l’habitant. Tout cela coûte cher et consomme… de l’électricité ! Or, la population ne cesse d’augmenter, et les besoins explosent. Un exemple : la consommation de viande. On en mangeait peu autrefois, maintenant, on en mange tous les jours et à tous les repas. Ou presque.
”Car, pour produire notre nourriture, d’énormes quantités d’eau sont nécessaires. Pour bien grandir, un bœuf, par exemple, boit de l’eau et est nourri avec des céréales et du fourrage, qui, eux-mêmes, ont été arrosés pour pousser. Ainsi, il faut 15 000 litres d’eau pour produire 1 kilo de bœuf ! Et 3 000 litres pour cultiver 1 kilo de riz, 55 litres pour 1 kilo de tomates [4].
L’agriculture elle-même consomme énormément d’eau. Réduire sa consommation d’électricité ou d’eau n’est donc pas seulement une question de facture. Mais est-ce que ces messages passent ? Est-ce qu’on explique le « pourquoi du comment » ?
On nous dit rien, on nous cache tout
Pour Ismaël Aboubacar, à la base du désintérêt des milieux populaires pour l’écologie, il y a un problème de communication. Un peu par provocation il en vient à regretter l’époque où il existait une « chaîne gouvernementale » qui délivrait l’information du gouvernement au public.
J’ai discuté avec un préfet, un sous-préfet et d’autres collègues, et on en est arrivés à cela. Je soutenais que France Télévisions, c’est la télévision des Français ; il y a les télévisions privées et il y a la télévision des Français, France Télévisions, un média national d’État. Il manque un maillon, il manque la télévision du gouvernement. Il y a un participant qui me dit : « Mais alors vous voulez une télévision de propagande du gouvernement ? ». C’est exactement ça ! Parce qu’aujourd’hui les politiques publiques ne sont comprises que selon le bon vouloir de canaux privés qui défendent d’autres intérêts. On se rend compte qu’il manque au gouvernement un canal pour expliquer pourquoi ils prennent telle décision et pas telle autre. Parce qu’ils ne sont pas maîtres des horloges quand ils vont dans les émissions des autres. Le gouvernement devrait assumer qu’il crée un canal pour expliquer sa politique et là nous aurons toute latitude pour juger, et ce sera à chacun de venir nous écouter sur ce canal ou pas. Pourquoi ce n’est pas choquant que le parlement ait des chaînes de télévision avec Public Sénat et LCP, mais que ce serait choquant pour le gouvernement ? C’est quelque chose que je ne comprends pas. Il faudrait doter l’exécutif qui est aux affaires, qui prend des décisions qui s’appliquent immédiatement, d’un canal pour expliquer sa politique, parce que le rythme des chaînes d’info et le rythme des médias d’aujourd’hui va trop vite pour des mesures qui sont trop complexes pour pouvoir être comprises. On doit prendre le temps, prendre le temps de la pédagogie en direction de la population mais pas aller sur une chaîne d’info en continu prendre trois minutes pour expliquer une mesure qui a demandé six mois de préparation. Non ce n’est pas possible. Ce n’est plus possible. Et ça participe au divorce. Le présentateur est là pour faire le buzz et il caricature. Et au lieu d’expliquer sa politique, le ministre, qu’il soit de gauche ou de droite, est sur la défensive. Où est la place pour que moi, citoyen lambda, je puisse comprendre les tenants et les aboutissants d’une loi ?
On en revient à cette idée de la communication. Certes, les sujets écologiques sont complexes, les enjeux sont considérables et dépassent nos frontières. Est-ce une raison pour ne pas faire de la pédagogie ? Il faut dépasser le stade où l’on apprend des « éco-gestes » uniquement pour réduire sa facture. Il est nécessaire de dire quels sont les enjeux pour la survie de l’humanité. Les occupants des quartiers populaires sont-ils prêts à les comprendre ? Bien sûr, si l’on prend la peine de communiquer avec eux selon des modalités spécifiques. On ne peut pas s’en tenir au « comment » il faut aussi expliquer le « pourquoi » pour que les messages passent.
L’environnement couvre un large spectre, qui va des choses les plus concrètes, comme fermer son robinet quand on se brosse les dents, aux enjeux économiques mondiaux les plus inquiétants. Chacun peut donc y trouver son compte. Chacun peut investir la question sous l’angle qui lui parle le plus. L’important est que la question soit abordée, qu’elle envahisse nos pensées et nos discussions, qu’elle ne soit pas réservée à une élite, qu’elle n’apparaisse pas comme déconnectée des réalités quotidiennes, qu’elle ne soit pas perçue comme une « punition » mais au contraire comme une façon plus sobre, plus intelligente, d’envisager la vie.
Et bien sûr, cela supposerait aussi que le discours sur l’écologie ne soit pas étouffé par des publicités qui inondent nos écrans de télévision, nos téléphones, les sites Internet, et qui nous incitent à toujours plus consommer, toujours plus entasser, toujours plus polluer. Comment faire passer l’idée de sobriété dans une société qui est basée sur la consommation de masse ? La dissonance est évidente et les discours se contredisent. À la moindre baisse de la consommation, on nous brandit la menace du chômage. Et d’un autre côté on nous dit que l’humanité va mourir étouffée par ses déchets… Comment s’y retrouver ?
Pour Ismaël Aboubacar, l’Etat n’est pas assez volontariste. Selon lui, quand ils le veulent, les pouvoirs publics savent très bien proposer des mesures incitatives pour que leurs décisions se concrétisent. Pourquoi ce n’est pas le cas en matière d’écologie ?
Il y a une remise en question globale pour revoir le message. Même si le résultat n’est pas mathématiquement garanti, nous vivons dans un pays où les politiques publiques amènent du changement. Je veux parler de politiques publiques qui apportent et pas des politiques qui viennent seulement prendre. Il faut que l’écologie utilise cette dimension, elle aussi. Ça ne doit pas être seulement une demande d’effort. Ce doit être aussi quelque chose qui atterrit dans le portefeuille des gens. Le chèque pour la rentrée pour ceux qui en ont besoin, le pass jeunes pour ceux qui ne peuvent pas s’offrir des loisirs, etc. ça existe. Il faut quelque chose pour les classes populaires concernant l’écologie pour qu’elles prennent l’habitude de l’utiliser. Et en l’utilisant, ils vont comprendre les enjeux. Et on peut espérer les voir adhérer petit à petit, et devenir volontaristes dans les éco-gestes qu’on attend deux. Il faut qu’on débarrasse le message de ses habits de punition. Il n’y a pas un refus de la part de ces populations, mais pour adhérer à quelque chose, notamment à quelque chose qui nous demande de faire des efforts, il faut comprendre pourquoi on le fait, ce que ça nous apporte, en expliquant que nous sommes en train de sauver les futures générations. Donc, vis-à-vis des milieux populaires, on ne vient pas avec des grands desseins, avec, comme seul outil, la contrainte ou la culpabilisation : « Vous êtes les méchants parce que vous voulez pas jouer le jeu. Vous nous mettez en danger ». D’autant que les gens ne sont pas dupes. Ils savent que les grands pollueurs sont ailleurs, et ne sont pas punis. On n’a pas vu une grande campagne pour interdire la vente de produits pour des raisons de pollution. On ne peut pas demander à quelqu’un qui a du mal à joindre les deux bouts de faire des efforts et le culpabiliser. On doit revoir le logiciel. C’est un sujet transversal intergénérationnel qui touche tout le monde. Ça mérite un autre traitement. Une autre approche.
Effectivement, on peut regretter que les pouvoirs publics ne portent pas plus volontairement le message écologique et que ce soient des initiatives locales comme l’association « DPF » de Mamou Soumaré, heureusement avec de puissants soutiens, qui portent seules tout le poids de cette problématique.
